Entrechats
Pour C. , qui se reconnaîtra...

Le Chat du Rabbin (J.Sfar)
Celui-ci, en plus, il parle !
.
Apollinaire
Un charme insidieux
Je n'ai guère le goût des romans policiers au delà des auteurs anglo-saxons. Une question d'âge, sans doute : il n'y avait guère que ceux-là dans ma jeunesse. Mais voici que, pour faire plaisir à un ami qui me le recommande, je me lance dans la lecture de ce livre :

Il s'agit certainement d'un autre monde que ceux de Dashiel Hammet et James Ellroy, et pourtant, malgré ma réserve initiale, je m'aperçois bien vite que ce livre me tient sous son charme - que je serais bien en peine de définir. Assez curieusement, le ton plat des descriptions se met avec vivre dès que les personnages prennent la parole, et le fond du décor s'anime, comme un feu derrière une vitre. Il y a de la magie dans ce qui retient le lecteur, une sorte de litanie entre les lignes où s'inscrit la souffrance humaine, laquelle ne change pas de goût en changeant de latitude. Un vieil homme assassiné, un passé qui revient, des drames qu'on a tus et des pleurs qu'on a séchés : la vie, rien d'autre.
Poème
Brigitte Fontaine
.
.
La racine obscure du cri
.
Ces mots me sont revenus en mémoire ce matin, et il m'a semblé qu'ils avaient été écrits par Otavio Paz dans "La fille de Rappaccini". Mais non. Ils sont extraits de "Noces de sang" de Federico Garcia Lorca, comme comme j'ai pu le constater par une recherche rapide sur la toile.
N'est-ce pas justement ce que nous cherchons en nous-mêmes lorsque nous nous étonnons d'être ce que nous sommes, fragiles, complexes, ignorants : la racine obscure de notre cri ?
.










